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Le caractère intentionnel d’un crime pourrait se lire dans les neurones.


Le caractère intentionnel d’un crime pourrait se lire dans les neurones.

Des chercheurs américains sont pour la première fois parvenus à détecter au scanner des traces d’intention criminelle grâce à l’activité cérébrale. Une découverte qui pourrait permettre, lors des procès, d’estimer avec plus de justesse la durée des peines.

Verrons-nous bientôt des neurologues dans les tribunaux ? Possible tant la neurojustice, l’utilisation des neurosciences lors des procédures judiciaires, semble de plus en plus intéresser les juges et avocats.

Une étude californienne menée par des chercheurs du Salk Institute for Biological Studies vient de révéler une différence d’activité neurologique entre les criminels ayant sciemment enfreint la loi, et ceux dont les délits résultent d’une négligence ou d’un comportement à risque. C’est la première fois que l’intention criminelle est décodée par un scanner.

Une activité cérébrale plus intense

Pour ce faire, les chercheurs ont proposé aux 40 participants de l’étude de transporter une valise, contenant « un chargement de grande valeur », d’un pays à un autre en échange d’une récompense. Dans certains cas, il était clairement stipulé que la valise renfermait de la drogue, dans d’autres son contenu n’était pas révélé et le porteur ne pouvait que le supposer. Le risque d’une fouille par les douaniers était également laissé au hasard. En tenant compte de tous ces paramètres, les participants devaient accepter ou refuser la mission.

A gauche, l’activité cérébrale des personnes ayant conscience d’enfreindre la loi, à droite, celle des participants qui l’ignore et ne font que supposer.Dans le même temps, l’activité neurologique des cobayes était enregistrée et analysée par une intelligence artificielle chargée de détecter l’activité des neurones. Publiés sur Proceedings of the National Academy of Sciences, les résultats révèlent que les neurones des porteurs ayant pleinement connaissance de l’illégalité de leur geste étaient bien plus actifs que ceux des porteurs ne faisant que supposer leur irrégularité.

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Des résultats encore timides

Inédite, l’expérience présente toutefois des limites. La première, c’est les participants savaient parfaitement qu’il ne s’agissait là que d’une simulation, les résultats ne sont donc pas fidèlement comparables à un crime véritablement commis. La deuxième, c’est les résultats sont exploitables seulement si le scan s’est déroulé au moment même de la prise de décision des « criminels ». L’objectif est donc maintenant, pour les scientifiques, de perfectionner l’interprétation de ces imageries cérébrales et surtout de tenter de développer une lecture a posteriori de l’activité cérébrale. Car comme le fait remarquer l’un des scientifiques dans les conclusions de l’étude, « les criminels passent rarement à l’acte en ayant la tête dans un scanner. »

Des peines plus justes?

Pour l’instant peu de chances donc de vivre une justice à la « >Minority Report où les criminels sont interpellés avant même de passer à l’acte. Mais si elle reste très perfectible, l’expérience pourrait ouvrir une nouvelle voie d’analyse psycho-judiciaire et changer le cours de nombreux procès. Déterminer l’intention, voire la préméditation d’un crime ou d’un délit, fait partie des paramètres significatifs dans l’estimation d’une peine.

 

SOURCE : L’EXPRESS

Publié par Claudia Lefebvre / Publié le 19 Mar
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