Savoir être. Savoir faire.
Agréé par  
Suivez-nous!

AVC : quand faut-il prendre de l’aspirine ?


AVC : quand faut-il prendre de l’aspirine ?

Pour prévenir les AVC chez les patients atteints de fibrillation atriale, l’aspirine n’est pas efficace, selon une étude. Le traitement présenterait même des risques graves de saignements.

Les propriétés anticancéreuses de l’aspirine ont déjà été démontrées, notamment pour le cancer du colon.

Le fameux médicament aurait-il des effets miracles ? L’acide acétylsalicylique (plus connu sous le nom d’aspirine) est actuellement étudié dans son potentiel rôle préventif sur les cancers et lors des AVC. Mais il a ses limites. Pour les patients atteints de fibrillation atriale par exemple, son effet n’a pas été prouvé. Et augmenterait au contraire les risques de saignement.

Les patients atteints de fibrillation atriale (le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque) ont plus de risques de développer un AVC. Souvent cette pathologie est traitée par une ablation par cathéter, c’est-à-dire que les médecins traitent le tissu à l’origine des battements du cœur irréguliers de manière ciblée, à l’aide d’un cathéter). Le risque de développer un AVC s’affaiblit alors. Après l’opération, en prévention de l’AVC, “les médecins traitent souvent ces cas par de l‘aspirine”, explique Jared Bunch, directeur des recherches sur le rythme cardiaque à l’Intermountain Medical Center Heart Institute (États-Unis), qui a dirigé l’étude. Mais sans évaluation à long terme. « On ne savait pas si l’aspirine est un moyen sûr et efficace de prévenir l’AVC chez ces patients à moindre risque « , explique-t-il.

L’équipe du Dr Bunch a donc suivi les effets du traitement à l’aspirine à long terme chez environ 4000 patients atteints de fibrillation atriale et traités par ablation au cathéter. L’étude a montré que, après 3 ans de traitement, les patients traités par aspirine développaient un risque bien plus grand de saignements gastro-intestinaux et génito-urinaires, comparés à ceux qui n’étaient pas traités. Et cela sans réduire pour autant le risque d’AVC.

L’aspirine, c’est pas automatique

“L’aspirine est largement considérée comme un bon moyen de diminuer les risques de maladies cardiaques. Même chez les personnes qui n’en ont aucun besoin, elle est très utilisée « , rappelle le chercheur. Mais  » comme tous les traitements, elle peut avoir des effets secondaires comme des saignements majeurs « , prévient-il.  » L’étude contribue à montrer qu’elle a peu, voire pas du tout, d’avantages dans le cas de fibrillation atriale, et si elle est utilisée, elle augmente significativement les risques de saignement du patient « .

Déjà en 2014, la FDA (Food and Drug Administration, qui autorise la commercialisation des médicaments aux Etats-Unis) rappelait que l’aspirine ne devait pas être utilisée comme médicament préventif chez les patients qui n’avaient jamais fait d’AVC. En revanche,  » des études ont montré que chez les gens ayant connu une crise cardiaque, un AVC ou qui ont développé une maladie des vaisseaux sanguins, une faible dose quotidienne d’aspirine peut aider à prévenir une seconde crise cardiaque », selon Robert Temple, directeur adjoint de la recherche clinique à la FDA. En effet, après un premier accident cérébral, les risques d’en développer un deuxième dans les jours qui suivent sont très importants. La prise d’aspirine diminuerait ce risque de près de 80%, selon une étude publiée en mai 2016 dans The Lancet.

En fluidifiant le sang, l’aspirine permet d’éviter la formation de caillots de sang, qui bouchent les artères et sont à l’origine des crises cardiaques. Il est toutefois à rappeler de toujours consulter son médecin avant de se lancer dans un traitement médical.

 

SOURCE : SCIENCE ET AVENIR

Publié par Claudia Lefebvre / Publié le 12 Juil
  • #cerveau, #recherche, AVC
  • Commentaires 0